The movie is finished ! Please watch it !

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TO WATCH THE MOVIE -> https://www.youtube.com/watch?v=ZU8pyl7zrpU

Pour le français, lire sous le texte anglais. **************************************************************************************************************************** ENGLISH

Film director : Philip Soe Aung

Hi everyone,

Philip Soe Aung, 22, is a film director from Burma/Myanmar, who lives in Loikaw, a very small city in Kayah State, the poorest and smallest of Burma. For years, the place has been devastated by the war between the government army and rebel groups. Some places are still under the control of local militias, that control drug trafficking and people there are also victim of extortion, among many other things. The militias make them pay a toll to allow them to use some roads, this kind of things. Poverty, drugs, lack of an efficient education system, mines (landmines but also jade mines, gold mines etc), land confiscation, the issues are numerous.

Philip is a human rights activist and part of UKSY a local CSO. It is with movies he wants to truly express himself. He wants to become a film director and knows it’s not gonna to be easy. But he just finished his first movie, Loikaw City Drug Angel, with 250 $ collected by a failed crowd-funding campaign and of course the help of UKSY staff and voluntary actors, mostly friends.

We chose to help him too. We met him two years ago and became friends. He is young, brave, has a lot of potential and we really believe he is talented. His movie is not perfect, but given how he managed to make this « film noir » with almost nothing, it is great that after a year of hard work, he managed to finish it, during his free time, since his life as an human rights activist in Burma is very demanding.

His film, Loikaw City Drug Angel, is the story of a young woman, Nin, who has to deal methamphetamines to survive. She has to face the local gangs, corrupt cops, and a former lover, who happens to be a drug addict.

Burma is the second biggest opium producer, right after Afghanistan. Opium is exported but the local production, methamphetamines, a mix a chemical products that makes people completely crazy but helps them to work for days without sleeping, is a real problem in Burma.

This movie is a fiction, not a documentary. But that’s how Philip chose to address all these issues.

The main character is a strong young and free woman, which is good, Burma is really NOT a feminist country ! The movie is NOT perfect. It was shot with a borrowed Canon 550D and sometimes a smart-phone ! Subtitles are okay, even if there are many mistakes. Sometimes sound is bad. And since Burma has no law about intellectual property, some songs used in the movie might be a problem…

But this film exists. And that’s it.

Philip chose to upload his film on Youtube (a real challenge when you know how fast Internet is in Burma !!!!). He wants people to know more and for free, about Loikaw and Kayah State.

To support Philip or encourage him, ask any questions, give your opinion or any advices, don’t hesitate to write us here : loikawindiemovieburma@gmail.com

(or comment this post).

Bon film ! And congrats for having read this loooong introduction text🙂

***************************************************************************************************************************** FRANÇAIS

Réalisateur : Philip Soe Aung

Bonjour à tous,

Philip Soe Aung est un jeune réalisateur birman de 22 ans, originaire de Loikaw, toute petite ville de l’Etat Kayah, le plus petit et pauvre de Birmanie. L’endroit a été ravagé par les conflits, certaines zones sont toujours contrôlées par des milices locales qui gèrent le trafic de drogue et rackettent les habitants sous forme de droit de passage dont ils doivent s’acquitter pour emprunter certaines routes.

Philip est activiste, dans une association de défense des droits de l’homme, UKSY. Mais c’est par l’image qu’il veut faire passer ses messages, il veut devenir réalisateur ; il vient de terminer son premier film, Loikaw City Drug Angel, avec un budget collecté sur un site de financement participatif de 250 $ et l’aide d’acteurs bénévoles et de membres de l’association de défense des droits de l’homme dont il fait partie, UKSY.

Et la nôtre, nous connaissons Philip depuis deux ans maintenant. Il est jeune, débutant, mais son potentiel et son talent sont réels, malgré les nombreuses maladresses que l’on peut voir dans son film.Nous voulons l’aider au maximum.

Ambitieux, il a choisi de faire un film d’une heure.

Son film, Loikaw City Drug Angel, raconte l’histoire d’une jeune femme, Nin, qui deale des méthamphétamines pour survivre et se retrouve dans une situation inextricable, coincée entre flics corrompus, gangs locaux et un amant qui est aussi l’un de ses clients, drogué et accro.

La Birmanie est le deuxième producteur d’opium au monde après l’Afghanistan et la drogue est un réel problème de santé publique. L’opium est exporté vers la Chine, mais la production locale, des méthamphétamines très dangereuses pour la santé et très peu chères, produit des ravages dans le pays.

Par une fiction et non un documentaire, c’est pour montrer cette réalité que Philip a tourné ce film.

Le personnage principal est une femme, ce qui dans un pays aussi sexiste que la Birmanie, est avant-gardiste !

Le film est loin d’être parfait, tourné avec très peu de matériel, au reflex, qu’il a dû emprunter, parfois même avec son téléphone portable. Les sous-titres en anglais sont bien synchronisés mais les fautes nombreuses. Parfois le son est mauvais et le montage un peu brouillon. Et la Birmanie n’ayant pas de législation sur les droits d’auteur, la musique pourrait poser problème…

Mais ce film a le mérite d’exister.

Philip aura mis un an à réussir à l’achever. Il a choisi d’uploader son film sur Youtube (un réel challenge quand on connaît la qualité d’Internet en Birmanie !!!!) et souhaite qu’il soit largement diffusé, gratuitement, pour faire connaître Loikaw et l’État Kayah.

Pour soutenir Philip financièrement, l’encourager, poser des questions, envoyer des critiques (positives ou négatives, tout conseil est bon à prendre) n’hésitez pas à nous contacter ici : loikawindiemovieburma@gmail.com

(ou laissez un commentaire sur ce post !)

Bon film ! Et merci d’avoir pris le temps de lire ce très loooong texte d’introduction !

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Président par procuration, super ministre et nouvel équilibre des pouvoirs

 

La Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD), mouvement historique d’opposition à la junte depuis 1988, est désormais passée de l’autre côté, celui du pouvoir. Activistes et figures militantes se sont métamorphosés en une élite politique inédite. Quatre mois après la victoire électorale historique de la Ligue Nationale pour la Démocratie, la longue période de transfert du pouvoir s’achève, avec un spectre politique redessiné : sa majorité au Parlement a permis à la NLD de former un gouvernement peuplé de loyalistes, tandis que l’armée garde sa position privilégiée au sein du Parlement. La constitution de 2008 lui assure toujours 25 % des sièges – inamovibles – ainsi que trois ministères clés (frontières, intérieur, défense) désignés par le puissant Min Aung Hlaing, commandant en chef des armées.

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Daw Aung San Suu Kyi lors du meeting de Thuwanna le 1er novembre 2015. photo M. Baudey

Après trois mois de négociations secrètes avec l’armée, Aung San Suu Kyi a dû s’avouer vaincue, la présidence reste hors de sa portée. Aucun compromis n’a pu être atteint sur ce point : l’article 59(f) de la constitution ne peut être suspendu et la nouvelle légitimité électorale de la NLD n’aura pas suffi à entamer ce bloc impénétrable des intérêts de l’armée, qui reste le principal obstacle à tout progrès démocratique du pays. La solution la plus plausible a donc été adoptée pour garantir à Aung San Suu Kyi l’autorité politique que la majorité des Birmans voulait lui voir assumer : un président « par procuration » a été désigné, qui se fera la voix de Daw Su. Htin Kyaw, proche de la chef du NLD et jusque là peu exposé, s’est transformé à sa nomination en une énigme sur laquelle les journalistes internationaux ont lancé beaucoup d’âneries. L’illustre inconnu et nouveau président fait en tout cas partie de la vieille garde du NLD. Son père en est l’un des fondateurs, sa femme est parlementaire et lui-même occupait jusque-là la fonction de dirigeant de la fondation Daw Khin Kyi, à la mémoire de la mère de Aung Suu Kyi.

Rien que de très lisse donc, pour ce personnage voué à prendre ses ordres de sa chef de parti, dont le charisme envahissant pourrait causer quelques tensions. Quand il y a quelques mois, Suu Kyi avait déclaré que quoiqu’il arrive, elle serait « au-dessus du président », militaires et membres du parti de l’ancienne junte (USDP) s’étaient insurgés contre l’insolence d’Aung San Suu Kyi. Désormais, la situation pourrait se reproduire si la carte de l’homme de paille est jouée trop à découvert ou si le NLD prend la barrière constitutionnelle avec trop d’ironie. Avec l’échec des négociations pour assurer à Aung San Suu Kyi la présidence, la marge de manœuvre du NLD reste donc la première inconnue du partage de pouvoir nouveau entre NLD et militaires. Cette marge risque d’être fluctuante et indexée sur l’accentuation ou non du versant autoritariste de la démocratie « personnelle » que Aung San Suu Kyi à tendance à envisager. La comparaison houleuse établie la semaine dernière par le porte-parole de la NLD Zaw Myint Maung entre l’ancien dictateur Ne Win et la position hiérarchique de surplomb de Daw Su en dit long : « quelle position occupait Ne Win au temps du Parti du Programme Socialiste Birman ? Les présidents changeaient, mais il était toujours le chef du parti. Mao Zedong est un autre exemple. »

La semaine dernière, les ministres ont été désignés. Aung San Suu Kyi s’est taillée la part du lion, se réservant quatre postes : énergie, éducation, affaires étrangères et cabinet du président. Si elle entend sans doute par là se donner une place de poids dans l’exécutif, c’est avant tout au poste de ministre des affaires étrangères qu’elle était attendue par les analystes politiques. Grâce à sa nomination à ce poste, elle pourra siéger au Conseil National de Sécurité et de Défense, instance suprême du pays, conçue sous la dictature et un très gros morceau d’arbitraire encore intact malgré la transition démocratique.

Au rayon des difficultés héritées du précédent gouvernement, le processus de paix avec les groupes armés rebelles vient sans doute en première position. Le faux cessez-le feu national signé l’an dernier avec seulement huit groupes a scindé le consensus entre ethnies rebelles tandis que les offensives de l’armée birmane se sont intensifiées ces derniers mois. Dans l’État Shan au Nord Est du pays, les échauffourées régulières entre la Ta’ang National Liberation Army non-signataire et la Shan State Army-South (signataire) peuvent difficilement passer pour un hasard, même si l’instrumentalisation d’un groupe contre un autre – méthode courante sous la dictature – n’est pas avérée expressément. En face d’une situation compliquée, les groupes armés attendent de la NLD une approche prenant en compte l’ensemble des groupes et la perspective d’un dialogue politique sur les aspirations fédéralistes des ethnies, choses que le Myanmar Peace Center du précédent gouvernement (institution chargée des négociations de paix avec les rebelles) n’avait que très partiellement mis sur la table.

La création d’un ministère des affaires ethniques, présidé par Naing Thet Lwin, un Môn – ethnie proche malgré tout de la majorité birmane et bouddhiste – n’a pas été du goût des autres partis ethniques, dont les alliances implicites avec la NLD se sont fragilisées à mesure que le parti a montré qu’il favorisait les siens dans les nominations des ministres des institutions régionales.

La manière dont le gouvernement NLD mènera la politique de gestion de ressources naturelles constitue aussi un point sur lequel il est attendu. Le cas du projet de barrage de Myitsone est exemplaire. Suspendu par le président sortant Thein Sein suite aux protestations des résidents, victimes de confiscations de terres, la construction du barrage, situé dans l’État Kachin au nord du pays, était majoritairement financé par le voisin chinois, vers lequel devait être acheminé la production hydro-électrique. Aujourd’hui, la Chine attend toujours son retour sur investissement. Pendant les longues années de la dictature birmane, la Chine a été un partenaire économique de prédilection pour la junte, n’hésitant pas à tirer le bénéfice des nombreuses confiscations de terres et abus sur les civils. La manière dont la relève politique birmane se comportera avec ce gros voisin qu’on ne peut pas ignorer, mais dont le voisinage trop imposant a pu être amené comme une des raisons de l’ouverture du pays (ouverture vers l’ouest), reste à déterminer. Porté par des dogmes économiques libéraux, le NLD devra se situer et choisir entre droits des populations et intérêts économiques qui, sous couvert de promesses de développement, perpétuent le rôle des « cronies » [anciens haut-gradés reconvertis dans les affaires], cette élite des milieux d’affaires visqueusement liés à l’armée.

Matthieu Baudey

 

 

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